L’eau, source de vie : un droit qui n’est pas encore une réalité pour tous

Semaine 1 — RESPECTER

Ouvrir le robinet pour boire un verre d’eau, préparer un repas ou prendre une douche : pour plusieurs d’entre nous, ces gestes vont de soi. Pourtant, avoir accès à une eau potable, disponible et sûre est loin d’être une réalité universelle.À l’occasion du Temps pour la Création 2026, placé sous le thème « L’Eau vive », prenons le temps de regarder autrement cette ressource essentielle à toute forme de vie. Car prendre soin de l’eau, c’est aussi prendre soin les uns des autres.

Comprendre | Avoir de l’eau ne suffit pas

Depuis 2010, les Nations Unies reconnaissent l’accès à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit humain fondamental.Mais que signifie réellement « avoir accès à l’eau »?Pour que ce droit soit pleinement respecté, l’eau destinée aux besoins personnels et domestiques doit être suffisante, salubre, acceptable, physiquement accessible et abordable.La présence d’un puits ou d’un point d’eau dans une région ne suffit donc pas. Imaginez une famille qui doit marcher longtemps chaque jour pour chercher de l’eau. Un village où le robinet fonctionne seulement quelques heures. Une eau disponible, mais contaminée. Ou encore une famille pour qui son coût compromet d’autres besoins essentiels.Dans chacune de ces situations, l’eau existe, mais son accès demeure précaire.

Le saviez-vous? | Une personne sur quatre est encore privée d’un accès sûr

Les progrès réalisés au cours des dernières années sont considérables. Entre 2015 et 2024, 961 millions de personnes supplémentaires ont obtenu un accès à un service d’eau potable géré en toute sécurité.Malgré cela, selon les plus récentes données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’UNICEF, 2,1 milliards de personnes — environ une personne sur quatre dans le monde — n’y avaient toujours pas accès en 2024.Parmi elles, 106 millions de personnes utilisaient encore directement l’eau de rivières, de lacs ou d’autres eaux de surface pour boire.Derrière ces chiffres se cachent aussi de profondes inégalités entre les régions du monde, entre les milieux urbains et ruraux et entre les populations.
UN AUTRE REGARD| Quand chercher de l’eau transforme une journée

L’accès à l’eau influence bien davantage que notre capacité à étancher notre soif. Il touche directement la santé, l’éducation, l’égalité et la dignité humaine.

Lorsque l’eau doit être recueillie à l’extérieur du domicile, ce sont principalement les femmes et les filles de 15 ans et plus qui en assurent la collecte dans 7 ménages sur 10.

Ces déplacements peuvent représenter de longues heures de marche et réduire le temps disponible pour aller à l’école, travailler ou prendre soin de soi. Une eau contaminée augmente également les risques de maladies. L’OMS estime qu’environ 505 000 décès attribuables à des maladies diarrhéiques chaque année sont associés à une eau potable contaminée par des microorganismes.

Garantir l’accès à une eau sûre contribue donc à bien plus que la santé : cela ouvre aussi des possibilités d’apprendre, de travailler et de participer pleinement à la vie de sa communauté.

Les inégalités d’accès à l’eau existent également chez nous.

Au 13 août 2026, Services aux Autochtones Canada recensait encore 40 avis à long terme concernant la qualité de l’eau potable dans 38 communautés des Premières Nations pour les systèmes publics d’approvisionnement en eau visés par son suivi.

Des progrès importants ont été accomplis : depuis novembre 2015, plus de 150 avis à long terme ont été levés. Mais le défi ne consiste pas uniquement à construire de nouvelles installations. Il faut aussi assurer leur fonctionnement, leur entretien et leur pérennité afin que les communautés puissent compter durablement sur une eau potable sûre.

Cette réalité nous rappelle que le droit à l’eau doit pouvoir s’exercer aujourd’hui, demain et pour les générations qui suivront.

Face à un enjeu aussi vaste, nos gestes peuvent sembler modestes. Pourtant, apprendre à considérer l’eau comme un bien précieux constitue déjà une façon de transformer notre relation avec elle.

Cette semaine, nous pouvons :

  • repérer les situations où nous laissons couler inutilement l’eau;
  • réparer une fuite ou la signaler;
  • éviter de verser dans les éviers et les toilettes des produits pouvant contaminer l’eau;
  • nous informer sur les enjeux liés à l’accès à l’eau dans notre communauté, au Canada et ailleurs dans le monde.

Le défi de la semaine

Pendant une journée, portons attention chaque fois que nous utilisons de l’eau.

Boire, cuisiner, nous laver, nettoyer, arroser, produire nos aliments… À la fin de la journée, posons-nous une question toute simple :

Comment notre quotidien serait-il affecté si cette eau n’était plus facilement accessible?

À travers le thème de l’Eau vive, le Temps pour la Création nous invite à reconnaître notre profonde interdépendance avec la Création. L’eau nous offre ainsi un point de départ concret : reconnaître sa valeur, respecter ce qu’elle rend possible et agir pour que ce bien essentiel à la vie demeure accessible à tous.

Pour aller plus loin