Temps pour la Création 2026 | 5 semaines au fil de l’Eau vive
Semaine 2 — QUESTIONNER
Envoyer un courriel, regarder une vidéo, conserver des photos dans le nuage ou interroger une intelligence artificielle : derrière ces gestes devenus banals se cache un univers bien réel. Nos activités numériques reposent sur des infrastructures qui utilisent de l’énergie, des matériaux… et de l’eau.
À l’occasion du Temps pour la Création 2026, suivons cette eau invisible pour mieux comprendre avant de juger et, surtout, s’interroger sur nos usages.
Comprendre | Pourquoi le numérique a-t-il besoin d’eau?
Nos données sont traitées et stockées dans des centres de données regroupant des milliers de serveurs. En fonctionnant, ces équipements produisent de la chaleur qui doit être évacuée. Certains centres utilisent alors de l’eau dans leurs systèmes de refroidissement.
Mais l’eau utilisée directement sur place ne raconte qu’une partie de l’histoire. Il faut également considérer l’eau nécessaire à la production de l’électricité qui alimente les installations. L’OCDE souligne d’ailleurs que la consommation d’eau demeure un impact environnemental du numérique souvent négligé.
Et ce parcours commence bien avant notre premier clic : la fabrication des semi-conducteurs présents dans nos téléphones, tablettes et ordinateurs nécessite elle aussi de l’eau.
Un autre regard | Et l’intelligence artificielle?
L’essor de l’intelligence artificielle attire particulièrement l’attention parce que l’entraînement et l’utilisation des modèles avancés nécessitent d’importantes capacités informatiques. L’IA générative, de plus en plus accessible, contribue ainsi à accroître la demande de temps de serveur.
Cela ne signifie pas pour autant que chaque utilisation de l’IA possède la même empreinte hydrique.
Une étude publiée en 2025 par le Lawrence Berkeley National Laboratory montre que la consommation d’eau associée à une charge informatique peut varier de plus de 10 000 fois selon différents facteurs : efficacité des serveurs, réseau électrique, type de refroidissement, climat ou encore efficacité des infrastructures.
Voilà pourquoi les affirmations du genre « une requête d’IA consomme X litres d’eau » doivent être interprétées avec prudence. Le lieu, la technologie, l’électricité et même ce que l’on choisit de mesurer peuvent considérablement modifier le résultat.
À notre portée | Questionner plutôt que culpabiliser
Le numérique fait désormais partie de nos vies et peut lui-même contribuer à relever certains défis environnementaux. L’objectif n’est donc pas de tout abandonner, mais de développer des usages plus réfléchis.
Cette semaine, posons-nous cinq questions :
- Ai-je vraiment besoin de remplacer cet appareil maintenant?
- Puis-je le réparer ou prolonger sa durée de vie?
- Est-ce utile de conserver tous mes fichiers, photos et vidéos dans le nuage?
- Avant de multiplier les requêtes numériques ou d’IA, puis-je préciser ce que je cherche?
- Puis-je recycler correctement les appareils que je n’utilise plus?
Le défi de la semaine
Choisissons une habitude numérique à remettre en question.
Derrière nos écrans se trouvent des infrastructures, de l’énergie, des ressources et de l’eau. Les rendre visibles, c’est déjà apprendre à regarder autrement nos gestes quotidiens.
Au fil de l’Eau vive, cette prise de conscience nous rappelle que prendre soin de la Création passe aussi par le discernement : utiliser les outils qui nous sont utiles tout en cherchant à alléger notre empreinte sur les ressources qui rendent leur existence possible.
Pour aller plus loin
- OCDE — Technologies numériques et environnement (français) : une excellente porte d’entrée pour comprendre les impacts environnementaux du numérique, notamment la consommation d’énergie, d’eau et de ressources tout au long du cycle de vie des technologies.
- Agence internationale de l’énergie (AIE) — Energy and AI (anglais) : rapport de référence sur la croissance des centres de données et de l’intelligence artificielle, leurs besoins énergétiques et les infrastructures nécessaires à leur fonctionnement.
- Lawrence Berkeley National Laboratory — Water Use of Data Center Workloads (anglais) : étude scientifique particulièrement pertinente pour comprendre pourquoi l’empreinte hydrique d’une activité numérique peut varier considérablement selon le centre de données, le refroidissement, l’électricité et le lieu.
