Gagnon, SR Violaine

Une présence inspirante au cœur du Village olympique

Visites à domicile, appels téléphoniques, visite de la terrasse par des voisins, interpellations dans les corridors, voilà quelques-uns des aspects visibles de l’action de Sr Violaine Gagnon, une femme énergique qui connaît bien son milieu. Résidente du Village olympique de Montréal depuis maintenant 21 ans, elle se réjouit d’y avoir emménagé avec Sr Brigitte Michaud après la vente de la maison des Filles de la Sagesse (FDLS) de la rue Jeanne-d’Arc.

« Nous cherchions un lieu près du même secteur et où nous pourrions participer à la vie communautaire », se rappelle Sr Violaine. « À l’époque, on célébrait au Village une messe quotidienne qui attirait une centaine de personnes et jusqu’à 200 cents le week-end. C’était parfait pour nous. »

À ce moment-là, Sr Brigitte, âgée de 85 ans, a poursuivi son travail à temps partiel de commissaire à l’assermentation auprès des étudiants immigrants. En assistant à la messe quotidienne, elle a établi de nombreux contacts avec les résidents qui venaient la rencontrer régulièrement à son appartement.

En parallèle, Sr Violaine s’est rapidement engagée dans la pastorale à domicile et s’est jointe à l’Association des locataires. « C’était une bonne façon de connaître le milieu et ses besoins sans affecter mon horaire de travail au Centre d’écoute de l’Université du Québec à Montréal. » 

« Aider les autres »

Des petits services entre voisins à l’accompagnement de personnes malades en passant par la communion à domicile, Sr Violaine ne voit pas le temps passé. Cette multiplication de gestes d’aide aux résident.e.s de ce complexe qui compte près de 1000 appartements, l’ont gardée en forme.

Lorsqu’elle a pris sa retraite en 2012, Sr Violaine s’est rapidement retrouvée dans l’action bénévole à plein temps!

« Ce qui m’anime, c’est de pouvoir rendre service. S’il y a un besoin, que je peux le faire et que j’ai le temps, pourquoi dire non », s’exclame-t-elle consciente que cela l’amène parfois dans des situations exigeantes. Âgée maintenant de 80 ans, et aussi dynamique, même si elle a été ralentie récemment par des problèmes de santé, Sr Violaine est toujours au bout du téléphone pour répondre à une demande ou coordonner une action.

Voisine de palier, Sr Sylvie Bélanger vient cueillir des tomates sur la terrasse accessible à un groupe de résidents.

Même en délaissant son bénévolat actif auprès de la Société des soins palliatifs à domicile du Grand Montréal, elle reste très engagée dans ce type d’accompagnement à domicile auprès des personnes à proximité de son lieu de résidence.

Infirmière de profession, elle se sent à l’aise dans ce rôle qui lui a permis d’accompagner sa consœur Brigitte, décédée à maison. « Les gens méconnaissent les services de soins palliatifs à domicile offerts notamment avec l’aide du CLSC. C’est une option qui répond aux besoins de plusieurs. »

Toujours motivée à venir en aide aux plus démuni.e.s, Sr Violaine a longtemps participé à la fermeture et au nettoyage des appartements ou maisons de personnes rendues à une autre étape dans leur vie. C’était une façon pour elle de recueillir meubles, articles de maison et vêtements pour les transmettre à l’œuvre des FDLS dans le secteur Côte-des-Neiges.

En 2025, elle a mis fin à cet engagement qui pouvait la mobiliser jusqu’à deux fois par semaine. Si elle ne met plus la main à la pâte, elle est régulièrement sollicitée pour répondre aux familles. Elle ne force plus et coordonne plutôt la collecte des objets, avec l’aide, parfois, de son neveu. Tout est alors livré à la paroisse Côte-des-Neiges et à l’organisme d’entraide pour les nouveaux arrivants et les personnes démunies de ce quartier. L’œuvre des FDLS se poursuit ainsi d’une façon différente, mais toujours bien concrète auprès des immigrants.

Nourrir un esprit d’entraide

Sr Violaine en discussion avec un résident rencontré dans le garage.

Aujourd’hui, ce qui l’accapare le plus, ce sont les visites à domicile, l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie et l’aide pour les courses diverses aux marchés d’alimentation ou à la pharmacie.

Elle continue d’amener des personnes à leurs rendez-vous médicaux ou autres, et donne la communion à domicile. Elle accompagne les personnes en soins palliatifs du Village et rend service à ses voisins, comme le gardiennage de leurs enfants ou le dépannage lorsque la télévision ou le téléphone ne fonctionne plus.

Elle est toujours prête à dénicher les articles ou le mobilier dont les gens ont besoin. Comme le Village a conservé sa vocation internationale initiale, il accueille fréquemment plusieurs nouveaux arrivants. « Deux jeunes Éthiopiens venus poursuivre leur doctorat à Montréal n’avaient ni literie, ni meubles, ni table pour travailler dans leur appartement. »

Le réseau de contacts que s’est constitué Sr Violaine dans le milieu a vite pu combler leurs besoins. C’est avec la communauté d’entraide au sein du complexe immobilier et dans le secteur que Sr Violaine répond à ce type de demandes.

Les témoignages de personnes qu’elle a côtoyées depuis 21 ans mentionnent l’influence positive de la présence des FDLS. Ces dernières ont en quelque sorte servi de catalyseur pour donner vie à cet esprit de solidarité. L’anecdote sur la collecte de bouteilles de vin vides est révélatrice.

Poser un geste solidaire

La solidarité s’exprime de multiples façons notamment par cette collecte de bouteilles de vin vides à laquelle bon nombre de résidents contribuent.

Sr Violaine a commencé à recueillir des bouteilles de vin vides voilà plusieurs années. De nos jours, c’est toute une équipe du Village qui les ramasse pour les apporter dans des caisses à son emplacement de stationnement, heureusement assez grand. Une résidente du Village loue même un espace de rangement supplémentaire pour recevoir le surplus. Puis une personne les classe par couleur avant que ces caisses soient transportées à Cornwall pour les vendre.

« Cette collecte nous a permis de donner jusqu’à 5000 $/année à la communauté Kent des FDLS pour les soutenir dans leur travail auprès des réfugiées et migrants à Côte-des-Neiges », mentionne Sr Violaine.

Encore aujourd’hui, Sr Violaine continue à ramasser les bouteilles et remettre l’argent à un organisme à Côte-des-Neiges. Sa sœur et son beau-frère s’occupent désormais de les apporter au point d’achat.   « Il y a des gens qui m’arrêtent parfois dans le stationnement pour me remercier. Certains m’ont même dit “je suis content de participer à quelque chose de plus grand que moi.” C’est là qu’on s’aperçoit que les gens ressentent toujours le désir d’aider. Mais dans la société actuelle, ils n’osent plus. Ils sont méfiants. Mais lorsque l’occasion se présente, ils collaborent, » constate-t-elle.

Apporter un peu de paix…

Son travail communautaire est truffé de petites actions que l’on peut qualifier d’anodines vues de l’extérieur, mais qui s’avèrent essentielles pour les personnes qui reçoivent ses attentions. Que l’on songe à cette femme qui hésite à poursuivre ses traitements ou opter pour les soins palliatifs et qui demande son opinion. « Je ne suis pas là pour donner des conseils, mais j’offre mon écoute pleine et entière. Les gens ont davantage besoin d’être écoutés. »

En l’emmenant sur le Mont-Royal pour faire une balade et se ressourcer en nature, la dame lui a confié à son retour « Cela m’a fait un grand bien. » Elles n’avaient pas beaucoup parlé. Elles s’étaient seulement laissées imprégner par la beauté et la tranquillité des lieux. Voilà peut-être un exemple de ces « silences pleins » qui meublent le parcours des personnes accompagnant des malades dans leur dernier segment de vie.

Au fil des années, Sr Violaine a tissé des liens d’amitié avec bon nombre de personnes et en a soutenu plusieurs. Aujourd’hui, elle apporte son aide à une professionnelle dans le domaine de la santé d’une cinquantaine d’années, aux prises avec la maladie et qui n’a plus de famille ici. Sr Violaine se retrouve également tutrice d’office d’une jeune femme qui souffre de déficience nécessitant beaucoup d’attentions.

Malgré la multiplicité de ses actions quotidiennes, Sr Violaine s’accorde du temps, notamment pour s’émerveiller de la beauté du paysage montréalais vu de sa terrasse. Elle s’adonne aux plaisirs du jardinage l’été en cultivant quelques fines herbes et des tomates. Comme son approche communautaire n’est jamais bien loin… elle en fait bénéficier ses voisins qui ont la clé pour profiter de ce lieu enchanteur et cueillir quelques légumes au passage.