Se souvenir pour mieux comprendre
Le 4 octobre est une importante journée de commémoration pour les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA). Issue des vigiles et des marches du mouvement Sisters in Spirit (Sœurs par l’esprit), cette date est soulignée depuis de nombreuses années par des familles et des communautés dans différentes régions du Canada.
Au Manitoba, sa portée est particulière : une loi provinciale reconnaît officiellement le 4 octobre comme journée d’hommage et de sensibilisation aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées.
Cette commémoration ne doit pas être confondue avec la Journée de la robe rouge, observée le 5 mai à travers le Canada. Celle-ci est associée au REDress Project, qui a été conçu en 2010 par l’artiste métisse Jaime Black. Les robes rouges vides sont devenues un puissant symbole des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones disparues ou assassinées.
Des violences aux causes profondément enracinées
L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, dont le rapport final a été publié en 2019, a mis en lumière les effets persistants du colonialisme, du racisme, du sexisme et des inégalités systémiques. Elle a également documenté les obstacles rencontrés dans différents domaines, dont la sécurité, la justice et l’accès aux services.
Ces réalités ne sont pas que des faits du passé. Le décès de Joyce Echaquan, une femme attikamek, à l’hôpital de Joliette en 2020 a notamment suscité un vaste débat sur le racisme et la discrimination dans les services publics au Québec.

Derrière les statistiques se trouvent surtout des personnes, des familles et des communautés marquées par l’absence et la recherche de réponses. Cette dimension humaine demeure au cœur des commémorations du 4 octobre.
S’informer, écouter et soutenir
Cette journée peut prendre différentes formes selon les communautés et les personnes : vigiles commémoratives, marches, moments de recueillement, activités éducatives et rencontres. Porter du rouge, découvrir les témoignages de familles, s’informer auprès d’organisations autochtones ou soutenir les initiatives qu’elles mettent elles-mêmes de l’avant constitue également des façons de manifester sa solidarité.
Pour les Filles de la Sagesse, cette journée rejoint une sensibilité de longue date à l’égard des peuples autochtones et des valeurs profondément ancrées dans leur mission : dignité de chaque personne, écoute, compassion, justice et respect.
La date du 4 octobre offre ainsi un temps pour se souvenir, mais aussi pour mieux comprendre les réalités qui perdurent et accorder toute leur place aux voix des femmes, des familles et des communautés autochtones.
