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En religion : Sr Denise-Marie

16 juillet 1925 – 16 décembre 2023

Beauvais, Denise

Le lieu et les circonstances de notre naissance ne sont pas aléatoires ni anodins, puisqu’ils forment notre cœur, nos décisions et notre attitude fondamentale. Ainsi pour Denise, née à Chénéville Québec, la huitième d’une famille de 13 enfants. Son père, Napoléon, était ébéniste, époux de Rose-Anna Deschâtelets, mère toute dévouée à ses enfants. La maison familiale était située près du couvent des Filles de la Sagesse et de l’église. Les parents, de très bons pratiquants, fidèles à la récitation du chapelet en famille, fréquentaient la paroisse assidument avec les enfants.

D’un cœur qui t’aime mon Dieu…

Denise se souvient de son propre recueillement et du sérieux avec lequel elle a vécu sa première communion. Son enfance était peuplée de ses nombreuses visites à l’église. Elle lisait même l’Imitation de Jésus-Christ. Marie et Jésus saisissaient graduellement cette âme simple, ouverte et malléable. Denise s’est laissée glisser tout doucement dans l’Amour de Jésus et de Marie. Elle buvait à la grâce.

… qui peut troubler la paix?

Plus tard, Denise se sentait attirée vers la vie religieuse. Elle connaissait bien les Filles de la Sagesse, enseignantes à l’école, mais comme celles-ci paraissaient très austères à ses yeux, elle a donc écarté l’idée de les joindre. Mais l’appel se faisait plus pressant et persistait toujours. La communauté des Sœurs à Chénéville priait ardemment pour sa vocation. Après mûres prières, réflexions et consultations, à l’âge de 19 ans, consciente de la souffrance de ses parents en la voyant partir, elle choisit de quitter la maison de son plein gré pour entrer chez les Filles de la Sagesse à Ottawa. Elle fit profession le 2 août 1945.

… Il cherche en tout ta volonté suprême…

Sr Denise est mise aux études pour devenir infirmière autorisée et prend ses fonctions à l’hôpital Sainte-Justine. En 1950, son envoi à l’hôpital de Macamic par deux fois, avec retour à Sainte-Justine, témoigne de la valeur de son service empreint de sensibilité et de générosité paisible. Son penchant tout naturel vers les autres, sa grande affabilité, sa douceur et sa tendresse en faisait une soignante tout attentionnée, surtout envers les plus misérables. Aimée des collègues et compétente elle fut éventuellement choisie comme surveillante, car cela lui convenait bien. Que de belles années à témoigner tout doucement de l’amour du Seigneur pour les malades. Avec humilité et abaissement, Sr Denise savait reconnaître ses limites ; son être et ses gestes reflétaient la grandeur de Dieu. Elle était contente de prendre humblement sa place de pauvre devant Dieu, et profondément touchée d’être tant aimée de Lui.

… Et ne se cherche jamais

À partir de 1972, Dorval devient le lieu de son zèle comme infirmière responsable de la communauté et conseillère provinciale. Ce fut presque 30 ans de service, habitée de la joie de vivre, sympathique et cordiale, capable d’un leadership discret qui s’ignore. Dans un groupe elle laissait sa marque par son sens de l’humour et la finesse de son esprit.

… Est-il d’autre bonheur que la tranquille paix ?

Denise animera et veillera sur la santé de groupes de Filles de la Sagesse relativement âgées à Dorval, puis à Carrefour Providence, à Cartierville, et à la communauté de Wilderton. Chaque instant de son service fut un cadeau de Dieu. Comme elle l’exprime elle-même, elle a eu la grâce de réaliser le don d’elle — même avec amabilité-té et sérénité. En somme, sa vie se résume en deux mots : simplicité et vitalité. Sa proximité avec nos fondateurs s’approfondit au long des années et la pratique de la dévotion à Marie selon Montfort ouvre toujours plus grand son cœur à recevoir la Vie de Jésus, Sagesse incarnée en abondance.

D’un cœur qui t’aime

Sr Denise arrive à la Maison Accueil-Sagesse en 2015 pour y intégrer le pavillon Notre-Dame. Elle continue d’y intensifier sa vie de prière par tous les moyens qui s’offrent à elle dans ce lieu de repos. À son décès, le 16 décembre 2023, elle apporte au Seigneur son offrande d’une longue vie, une vaste récolte dans ses bras, les frères et sœurs qu’Il a mis sur sa route, tout en se reconnaissant toute petite, dépendante, simplement, Son enfant.

Lise leRiche, fdls