Une expérience enrichissante et pleine d’espoir

Congrès sur la pastorale des personnes âgées

« J’ai réalisé qu’il n’y avait pas qu’au Canada que les personnes âgées n’étaient pas respectées. C’est malheureusement le cas dans de nombreux pays », a mentionné Marielle Lord, présidente de Vie Montante Canada et participante au premier Congrès sur la pastorale des personnes âgées, tenu à Rome à la fin janvier.

« Dans plusieurs régions d’Afrique, on considère les personnes âgées comme des « sorciers » plutôt que comme des « sages » alors qu’en Chine, on trouve très peu de résidences pour personnes âgées », a-t-elle ajouté en entrevue.

Amie de la Sagesse et présidente de l’organisme Vie Montante Canada depuis plusieurs années, Madame Lord a été surprise de constater que le Canada n’était représenté que par deux personnes, Mgr Christian Rodembourg, président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) et elle.

Un programme chargé

Elle a ainsi eu l’opportunité d’échanger à quelques reprises avec lui tout comme avec les représentants de Vie montante de plusieurs pays dont la France, la Belgique, la Suisse, l’Angleterre, l’Argentine, le Japon et d’autres pays d’Afrique. « Nos journées commençaient tôt le matin et se terminaient à 19 h, suivi du souper. » Elle a d’ailleurs mangé à la même table que le Cardinal Kevin Joseph Farrell, préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie.

Le programme déjà bien chargé a été modifié en cours de route pour y ajouter des activités. Même si Madame Lord déplore un manque de profondeur et de vision dans certaines des interventions entendues au cours de ce congrès, elle retient de cette expérience que des éléments positifs.

Le fait de reconnaître l’importance du rôle des personnes âgées dans l’Église est déjà remarquable. « Tous les participants ont pris conscience de l’importance des défis à relever et de la nécessité de ne pas mettre de côté les personnes âgées, trop souvent oubliées, » a-t-elle rappelé.


Un appel du pape à changer nos habitudes pastorales

Le ton et la nature des propos du pape François qui s’est adressé aux participants à la dernière journée du Congrès, appellent à une action concertée de toutes les forces de la société, y compris les diocèses. « La vieillesse est devenue l’une des marques distinctives de l’humanité », a-t-il dit. « Les États doivent affronter une nouvelle situation démographique sur le plan économique », alors que la société civile « a besoin de valeurs et de significations pour le troisième et le quatrième âge. »

Selon lui, la communauté ecclésiale doit apporter sa contribution en amorçant « une réflexion sur les implications dérivant d’une présence importante de grands-parents dans nos paroisses et dans les sociétés ». « Nous devons changer nos habitudes pastorales », a insisté le pape François, dans le but de pouvoir répondre à cette présence des personnes âgées. Soulignons que lors de cette audience spéciale, le pape François a tenu à saluer chacun des 600 participants.


« La vieillesse est l’âge de la sagesse »

Ce premier Congrès international pour la pastorale des personnes âgées s’est terminé par une intervention de Gabriella Gambino, sous-secrétaire du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie. Elle a invité les participants à trouver des réponses aux besoins non comblés actuellement et à poursuivre des initiatives autour de quelques-uns des axes de travail identifiés.

Puis elle a conclu ainsi : « Rappelons, comme le disait Romano Guardini, que la vieillesse est l'âge de la sagesse, qui est souvent le fruit de l'expérience : « ce qui est créé lorsque l'absolu et l'éternel pénètrent dans la conscience et, à partir de là, jettent une lumière sur la vie ». Dans l'affaiblissement de ses forces, la personne âgée, bien que souvent moins active, rayonne : avec sa sagesse, elle peut faire apparaître le sens des choses. Et de ce sens, l'homme, pour rester tel, en aura toujours besoin. »

À la fin de ce Congrès, Marielle Lord s’est jointe aux autres membres du Comité directeur de Vie Montante internationale pour participer à des rencontres de travail sur trois jours.

Références :