21 septembre — Journée internationale de la bibliodiversité

Bibliodiversité : entendre des voix différentes des nôtres

Que trouvons-nous lorsque nous entrons dans une librairie ou une bibliothèque? Des œuvres provenant d’une multitude de cultures et portant des regards différents sur le monde… ou surtout les livres qui bénéficient des plus importants réseaux de production, de distribution et de promotion?

Le 21 septembre, Journée internationale de la bibliodiversité, nous invite justement à réfléchir à la diversité des œuvres et des voix qui composent nos écosystèmes littéraires.

Comme la biodiversité désigne la variété du vivant, la bibliodiversité évoque la diversité nécessaire à la création et à la diffusion des livres : diversité des maisons d’édition, des autrices et auteurs, des langues, des cultures, des genres littéraires, des idées et des façons de raconter le monde.

Préserver la diversité face à la concentration

Né dans les années 1990 en Amérique latine et repris par l’Alliance internationale de l’édition indépendante, le concept de bibliodiversité constitue notamment une réponse à la concentration du secteur du livre.

Lorsque quelques grands groupes ou plateformes occupent une place dominante, les impératifs commerciaux peuvent favoriser une certaine uniformisation de l’offre. Comme l’observait Gilles Colleu, spécialiste de l’édition indépendante :

« À vouloir fabriquer des produits pour le plus grand nombre, on gomme la notion de spécificité et d’identité culturelle. »¹

L’enjeu dépasse donc le nombre de livres disponibles. Il touche aussi notre capacité à découvrir des identités culturelles, des expériences et des points de vue différents des nôtres.

Source : Pixabay

Derrière chaque livre, une « chaîne humaine »

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) propose un éclairage particulièrement intéressant : préserver la bibliodiversité, c’est aussi soutenir tout un écosystème. Derrière un livre se trouve une véritable « chaîne humaine » réunissant auteurs, éditeurs, traducteurs, libraires et bibliothécaires.

L’OIF souligne également que la bibliodiversité évolue avec les usages : livre audio, traduction, bande dessinée numérique ou fiction interactive peuvent permettre à de nouvelles voix et à de nouveaux publics de se rencontrer. Face aux algorithmes et à la concentration de l’attention sur quelques contenus, elle défend une conviction forte : chaque voix compte et chaque histoire mérite d’être entendue.

Cette réflexion rejoint naturellement l’histoire des Filles de la Sagesse. Par leur engagement en éducation dans plusieurs pays, les religieuses ont côtoyé des populations, des langues et des réalités culturelles très diverses. Éduquer, c’est aussi ouvrir des fenêtres sur d’autres façons de penser, de vivre et de comprendre le monde.

Et si nos choix de lecture faisaient une différence?

Pour souligner cette journée, pourquoi ne pas sortir volontairement de nos habitudes? Les livres que nous choisissons nous permettent-ils réellement d’entendre des voix différentes des nôtres?

Voilà une belle question à proposer également dans un club de lecture. Sélectionner une œuvre issue d’une culture, d’une langue ou d’une maison d’édition indépendante moins connue, puis échanger sur ce qu’elle nous a permis de découvrir.

On peut aussi soutenir une librairie indépendante, demander conseil à un bibliothécaire ou partager une découverte littéraire. De petits gestes qui contribuent à faire vivre un monde du livre plus diversifié, inclusif et ouvert.

Lire l’article de l’OIF sur la bibliodiversité et visionner cette courte vidéo pour poursuivre la réflexion.

Source : Pexels
1 COLLEU, Gilles, Éditeurs indépendants : de l’âge de raison vers l’offensive? Paris, L’Alliance internationale des éditeurs indépendants, Coll. « État des lieux de l’édition », 2006. p. 42