Protéger ceux qui portent secours
La Journée mondiale de l’aide humanitaire rend hommage aux femmes et aux hommes qui risquent leur vie pour venir en aide aux personnes touchées par les conflits, les catastrophes naturelles ou les crises humanitaires. Instituée par les Nations Unies, cette journée du19 août commémore les 22 travailleurs humanitaires tués lors de l’attentat contre l’hôtel Canal à Bagdad en 2003. Parmi les victimes figurait Sergio Vieira de Mello, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Irak.
En 2026, le message est particulièrement préoccupant. Le système humanitaire mondial fait face à des besoins sans précédent, alors que les ressources diminuent et que les travailleurs humanitaires sont de plus en plus pris pour cible.
Un système essentiel, mais gravement fragilisé
Les organisations humanitaires interviennent chaque jour pour distribuer de la nourriture, de l’eau potable, des médicaments, des abris d’urgence et des soins aux populations les plus vulnérables. Pourtant, elles accomplissent leur mission dans des conditions toujours plus dangereuses.
Les chiffres sont éloquents :
- 326 travailleurs humanitaires ont perdu la vie en 2025, dans 21 pays;
- plus de 1 010 humanitaires ont été tués au cours des trois dernières années;
- plus de 560 décès ont été recensés à Gaza et en Cisjordanie, auxquels s’ajoutent notamment, 130 au Soudan, 60 au Soudan du Sud, 25 en Ukraine et 25 en République démocratique du Congo.
Ces pertes humaines s’accompagnent d’un recul inquiétant de l’espace humanitaire. Les convois sont entravés, les organisations sont discréditées par des campagnes de désinformation et le droit international humanitaire est de plus en plus souvent bafoué.
Comme l’a déclaré Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU : « Ce n’est pas une escalade accidentelle. C’est l’effondrement de la protection. »
Il ajoute également : « Nous ne sommes pas seulement tués, notre action est entravée, pénalisée, délégitimée. »

Préserver notre humanité
Pour Elyse Mosquini, du Comité international de la Croix-Rouge, les conséquences dépassent largement les chiffres : « Nous perdons notre humanité dans la guerre. »
Elle rappelle que chaque attaque contre un travailleur humanitaire qui demeure impunie fragilise davantage les principes fondamentaux de solidarité et de protection des personnes les plus vulnérables.
Face à cette réalité, les Nations Unies invitent les États à respecter leurs engagements, notamment ceux prévus par le droit international humanitaire, et à assurer des ressources suffisantes pour répondre aux besoins croissants des populations en détresse.
Agir pour l’humanité
La campagne mondiale #AgirPourLhumanité appelle chacun à soutenir trois priorités essentielles :
- protéger les travailleurs humanitaires et les populations;
- faire respecter le droit international humanitaire;
- assurer un financement durable des interventions d’urgence.
Cette journée rejoint totalement les valeurs des Filles de la Sagesse, qui ont toujours placé la dignité humaine, la solidarité et le service des personnes les plus vulnérables au cœur de leur mission. Dans un monde marqué par les conflits, les déplacements forcés et les catastrophes, elle nous rappelle que chaque geste de compassion contribue à préserver ce qui nous unit le plus profondément : notre humanité.
Pour mieux comprendre les réalités du travail humanitaire sur le terrain, il est également possible de visionner la capsule vidéo de l’UNICEF présentant les moyens déployés pour lutter contre la propagation des maladies en pleine guerre à Gaza.