Appel des anciennes de Port-au-Prince

«  Regroupons-nous donc par promotion ou par proximité, faisons également appel aux amis et aux parents, aux institutions, aux entreprises, à tous ceux qui peuvent et veulent aider.  L'Association des Anciennes et les Sœurs sont déjà disposées à valider les requêtes si des pièces sont exigées à l'appui de vos demandes.  Collectons les dons et transférons-les directement sur les comptes bancaires de l'Institution du Sacré-Cœur.  »

 Port-au-Prince le 31 mars 2010

Le 12 janvier a semé le deuil et le désarroi au sein de la famille haïtienne. Nous avons toutes été touchées de près ou de loin. Nos pensées et nos prières vont particulièrement à nos anciennes camarades qui ont disparu ou qui ont perdu un ou des membres de leur famille.

Ce jour fatidique, les sites du patrimoine national, les berceaux de notre éducation se sont effondrés, faisant disparaitre du coup nos repères et une partie de notre vie. Port-au-Prince a définitivement perdu son visage d’antan, celui que nous chérissions tant !  Les palais national, de justice, législatif, les casernes Dessalines, notre si belle cathédrale, la majestueuse Villa Manrèse, et encore, et surtout, notre bonne vieille institution du Sacré-Cœur, remise à neuf et modernisée il y a à peu près trois ans.

Eh oui ! Aussi incroyable, aussi douloureux que puisse être cette dure réalité, il nous faut nous faire à l’idée que notre école n’est plus.  Tout a chuté : la résidence des sœurs, les bâtiments du secondaire, du primaire, de la maternelle, notre si jolie chapelle, TOUT !  Mais n’est-il pas erroné de dire que l’institution a disparu puisque cette école, c’est nous !  Nous qui l'avons fréquentée, qui y avons été instruites, nous qui chérissons au fond de notre cœur mille souvenirs liés à notre cheminement, long ou court, dans ces bâtisses aujourd’hui écroulées, nous qui avons été si fières du bon renon de cet établissement. 

Elle n'est même plus ruines ou décombres,  car elle a du être complètement rasée.  Elle présente à date l’aspect d'.un immense terrain vide, dénudé, poussiéreux sur lequel se dresse une tente, abri précaire ou se sont refugiées une partie des religieuses.  Incroyable, disions-nous, mais surtout poignant, désolant !  Aucune, absolument aucune trace des lieux qui nous ont vu grandir, nous épanouir, mais… pouvons-nous rester face à ce vide immense, pleurant indéfiniment sur ce qui fut ?  Aucune fille du Sacré-Cœur n’adoptera cette attitude défaitiste, aucune n’acceptera de se laisser vaincre par les événements et, de sang froid, laisser sombrer dans l’oubli ce qui fut si beau, si grand, si utile et pour chacune de nous, si précieux !

Il faut vaillamment se relever pour  redonner vie à ces lieux et épauler les efforts combien louables qu’ont entrepris les sœurs, avec l’espoir, ou plutôt la certitude qu’elles seront fortement épaulées par leurs filles.  Car nous avons la même boussole, la même philosophie grâce auxquelles nous croyons que le plus dur n’est pas de tomber, mais de rester à terre.   Se croiser les bras et ne rien entreprendre, c’est priver les autres générations de ce dont nous avons bénéficié : l’expertise et le savoir-faire plus que centenaire de l’Institution du Sacré-Cœur !

Un devis de quatre millions de dollars américains a été présenté par la firme française chargée de la reconstruction de notre école qui sera dotée, dans le futur,  de quatre pavillons antisismique préfabriqués  (primaire, secondaire, communauté, auditorium).  Ces bâtiments peuvent être livrés et mis en place en septembre prochain.

Magnifique, direz-vous !  Mais ce projet  peut être exécuté  SEULEMENT si nous nous y mettons TOUTES.  N’avons-nous pas l’avantage du nombre puisque nous sommes des dizaines de milliers d’anciennes.  Regroupons-nous donc par promotion ou par proximité, faisons également appel aux amis et aux parents, aux institutions, aux entreprises, à tous ceux qui peuvent et veulent aider.  L'Association des Anciennes et les Sœurs sont déjà disposées à valider les requêtes si des pièces sont exigées à l'appui de vos demandes.  Collectons les dons et transférons-les directement sur les comptes bancaires de l'Institution du Sacré-Cœur.

Celles qui sont en Haïti, peuvent remettre leur chèque :  au bureau de Sœur  Claire Bernard ou à celui de Sœur Christine, aménagés provisoirement sous une tente dressée sur la nue propriété de l'Avenue Jean Paul-II, … en attendant que, grâce à un effort collectif, ils soient logés dans de nouveaux bâtiments.

Mobilisons-nous.  Nous sommes une grande, vaillante, active et intéressante famille.  Nous sommes connues et reconnues pour notre dynamisme, notre zèle, nos beaux élans et surtout pour notre grand cœur.  L'Association des Anciennes Elèves du Sacré-Cœur sait que cette cause, défendue par vous, part gagnante, car votre solidarité, force puissante et agissante, peut donner lieu à de grandes et belles réalisations, comme la renaissance de notre Ecole et la perpétuation, dans un autre cadre certes, de nos souvenirs les plus attachants.

Merci déjà, merci encore pour votre support sur lequel nous comptons absolument ! 

Cordiales et surtout fraternelles salutations du Comité de l’Association :
 
Wilmine Raymond
Yolette Kersaint
Evelyne Bouchereau



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