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HAÏTI : CONSTATS HALLUCINANTS !

Sr Louise Madore, supérieure générale des Filles de la Sagesse, a communiqué à toute la congrégation les nouvelles de nos communautés d'Haïti, nouvelles qu'elle a attendues avec impatience, si ce n'est avec une certaine angoisse... Ces informations nous invitent à constater, entre autres, et encore une fois, le courage admirable de nos Sœurs haïtiennes.

La communication qui suit, envoyée par Sr Nadige, fdls, nous permet de visualiser et de vivre, pour ainsi dire, les douloureuses conséquences du passage de «Matthew» sur cette magnifique terre des Antilles. Un pays laissé au bord du précipice, déchiré par les forces naturelles et ayant peu de recours pour sauvegarder les vies humaines ...

Écoutons Sr Nadige …

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Port-au-Prince, le 9 octobre 2016

Sr Louise Madore, Supérieure Générale

Bien chère Sr Louise,

Je viens vous donner quelques nouvelles de nos communautés et de nos sœurs de la Grande Anse en attendant que Sr Sandrale soit de retour pour vous fournir plus de détails pratiques. Elle rentre demain avec Sr Virginie de notre tournée ... Je suis, moi-même, rentrée aujourd’hui.

Samedi 8 octobre, Sr Sandrale, Sr Virginie et moi, avons pris la route dès 4h du matin pour Jérémie afin de visiter nos sœurs dont nous n’avions pas de nouvelles. Le voyage s’est bien passé mais le choc d’avoir sous nos yeux, tout le long de la route, un paysage dévasté en lieu et place du paysage verdoyant habituel, nous a coupé le souffle.

Depuis la ville de Léôgane, pas un bananier debout. Et plus nous approchions de Jérémie, plus le spectacle est hallucinant : arbres décapités ou abattus et presque tous dénudés, maisons éventrées, toitures envolées… Pourtant, envers et contre tout, les gens sont debout : les hommes au milieu de ce qui reste de leur habitation, ramassant ci et là un morceau de tôles, de bois, essayant de raccommoder, de couvrir les brèches afin de s’abriter de la pluie et du soleil ; les femmes faisant sécher les linges, les matelas et autres vêtements, au soleil, les habits ayant remplacés les feuilles sur les arbres couchés sur le talus ou obstruant en partie la route…

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Ayant été informées que l’eau potable manquait cruellement, nous sommes parties dans 2 voitures afin d’apporter le plus que possible de bouteilles d’eau et autres produits de première nécessité. Le Centre de traitement d’eau Alaska a généreusement offert 25 caisses aux sœurs lorsqu’elles sont allées pour en acheter ainsi que des sachets de jus.

Une fois au portail de l’école Notre-Dame de Lourdes (où ce qu’il en reste car le vent a sorti la porte en fer forgé de ses gonds), point n’est besoin de vous décrire notre soulagement quand petit à petit, au bruit des voitures,  les sœurs sont sorties sur le seuil pour nous accueillir, toutes VIVANTES ! toutes DEBOUT ! Je vous fais grâce de la description des lieux mais comment ne pas souligner la disparition de notre pistachier des Indes, arbre centenaire. A part la résidence des sœurs (vitres brisées et portes arrachées), tous les autres bâtiments ont subi sévèrement les assauts du vent et de la pluie même si les murs sont debout.

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Après les salutations et les premiers échanges, nous nous sommes rendues à la Source, à la communauté du pré-noviciat où nous avons trouvé nos trois sœurs revenues depuis peu (elles avaient pris refuge à la communauté de Notre-Dame de Lourdes pendant le passage de l’ouragan) et s’activant à faire le constat des dégâts et nettoyant encore. Mais nous ne nous y sommes pas attardées car étant toujours sans aucune nouvelle de nos trois sœurs de Moron, nous tenions à nous y rendre le jour même. Ce qui fut fait. 

L’accès à Moron est plutôt difficile, malaisé. Entre les troncs des arbres en travers du chemin et la falaise (de quoi avoir le vertige), les passages sont plutôt étroits et risqués (un camion en a fait la malencontreuse expérience car ayant basculé dans le vide, nous le découvrons sur le chemin du retour dans le lit de la rivière ! Fort heureusement, pas de morts ou de blessés graves !) Tantôt, les gens guident nos chauffeurs, tantôt nous descendons pour vérifier la possibilité de nous aventurer plus loin. Mais je pense que le désir de voir nos sœurs nous aurait fait pousser des ailes s’il avait fallu.

Leur surprise et leur joie de nous voir fut notre plus belle récompense. Plusieurs Filles de la Sagesse étant originaires de Moron, nous avons tenté de visiter les familles les plus proches afin de pouvoir les informer à notre retour. Partout le même constat affligeant : plantations détruites, maisons effondrées ou toits partis en fumée. Un village à plus de 95% (sans risque d’exagérer) endommagé, détruit. La réalité est dure, très dure… Pas d’eau potable, pas d’électricité… la menace du choléra se faisant en plus sentir… Hélas ! Moron n’est pas un cas isolé, loin de là. C’est la situation de bien de villages.

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Nous reprenons la route, vers cinq heures avant que la nuit ne tombe. Reste Counoubois où se trouve Sr Marie Edwidge, mais là pas moyen de nous y rendre ; tout le monde est formel : la zone est inaccessible, la rivière  étant en crue. Il nous faudra attendre le matin du 9 pour avoir de ses nouvelles car elle réussit à rejoindre au téléphone Sr Marie Thérèse. Elle va bien, mais plus de toit, elle s’est mise à l’abri, elle a de quoi se nourrir et de l’eau potable. Elle fait face ! Elles tiennent le coup !  

Et voilà ! Nos sœurs sont en vie ! Dieu soit loué ! Les dégâts sont considérables, certes mais n’est-ce pas l’occasion de dire comme notre Père de Montfort : « Nous avons un Père dans les cieux et il est immanquable » ? Non pas optimisme béat mais assurance qu’au cœur de notre épreuve, le Seigneur est là et n’abandonne pas ses enfants, son peuple une fois de plus, meurtri. Il nous le montre concrètement à travers votre sollicitude et celles de tant de personnes dans le pays et ailleurs. Que son Saint Nom soit béni ! 
 

Sr Nadige Jean Charles, fdls                           FAIRE UN DON 

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