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DIFFÉRENCES - RESSEMBLANCE

J'AI ÉLARGI L'ESPACE DE MA TENTE
Jeannette Roy fdls

Mon séjour en Iran, pays du Moyen-Orient, a été l’occasion d’un contact privilégié avec des religions antiques qui ont marqué l’histoire du monde et avec plusieurs rites orientaux chrétiens. Leur rencontre dans ma vie quotidienne m’a permis d’«élargir l’espace de ma tente». Quelle joie de vivre une communion au-delà de la différence !

Rencontre avec le Zoroastrisme
Vous souvenez-vous que Cyrus le Grand, roi de Perse, était cité dans la Bible? Sa religion, le Zoroastrisme, était basée sur la croyance à un Dieu du Bien et à un esprit du mal. Elle prônait la rectitude de la pensée, de la parole et de l’action. Les rites du Nouvel An (21 mars), qu’il pratiquait lui et son peuple, sont toujours en usage dans l’Iran actuel. Ils donnent lieu à deux semaines de festivités en lien avec le renouveau de la nature et la vie familiale. Notre petite communauté y a participé volontiers car cette période correspondait souvent avec notre temps pascal.

L’Islam : la grandeur et la beauté de Dieu
Et l’Islam dans lequel nous avons baigné durant toutes ces années? Il nous a fait découvrir de merveilleuses mosquées, chef d’œuvres d’architecture, qui célèbrent la grandeur de Dieu.

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Laissez-moi vous raconter un événement qui m’a touchée
Un jour, Sœur Marie-Jeanne fdls (Yvette Mousset) et moi-même avons revêtu le tchador (voile islamique) pour partager un repas offert aux habitués d’une mosquée du sud de la ville. Badri, une de mes compagnes de travail au Foyer des vieillards arméniens avait promis, si le gouvernement renouvelait mon permis de séjour, d’offrir ce repas et elle nous y a invitées. Nous nous sommes assises sur le sol autour d’une jolie nappe. Ma collègue y avait déposé du pain sans levain, du fromage de chèvre, des radis et autres herbes du pays. Les pauvres du quartier sont venus tout simplement partager avec nous ce modeste repas. Et le mollah (religieux islamique) qui lisait tranquillement, non le Coran mais le journal, n’a pas semblé prendre ombrage de la présence d’étrangères dans son domaine.

Aux racines de ma propre foi : le Judaïsme
Notre rencontre avec le Judaïsme? Nous habitions le quartier Youssefabad où résidaient des familles juives dont celles de nos propriétaires et de nos voisins. Parfois, nous avons partagé le repas de ces derniers où le chef de famille présentait aux convives des morceaux de pain azyme saupoudrés de sel. Ce signe de bienvenue, les descendants de l’antique colonie juive l’ont perpétué jusqu’à nos jours. À leur invitation, nous avons participé à la synagogue à une prière pour les fiançailles de leur fille émigrée au États-Unis. Nous avons suivi ce rite grâce à une traduction anglaise. J’y ai lu avec émotion les mots du début de notre offertoire : « Tu es béni, Dieu de l’univers… Ils m’ont rappelé les racines juives de notre Christianisme. Je me souviens aussi de l’étonnement joyeux de notre voisine et amie quand je lui ai mentionné que nous récitions tous les jours les psaumes de David. Autre moment touchant, celui de la procession du Livre de la Loi, la Torah, enveloppé dans un tissu précieux. Durant son parcours, une charmante fillette lui a envoyé des baisers comme à un être vivant et aimé.

Quels rites chrétiens orientaux ai-je découvert?
Tout d’abord le rite arménien catholique. Après la révolution, le nouveau régime m’a remerciée de mes services à l’école des garde-malades auxiliaires. Lorsqu’il l’a appris, Mgr Vartan Tékéyan, évêque, m’a invitée à venir soigner ses compatriotes au Foyer dont il était le responsable. J’ai alors assisté chaque jour à la messe de ce rite et appris à chanter les hymnes de cette très belle liturgie.

Sœur Marie-Jeanne travaillait au Centre de Catéchèse de l’Église chaldéenne et, à certains moments de l’année liturgique nous sommes allées participer aux offices de leur cathédrale. Selon la tradition, le canon de leur messe remonterait au temps des Apôtres. Les mélodies de leurs hymnes sont sans doute inspirées de celles qu’a connues le Christ à la synagogue.

Tant qu’au rite latin, nous le célébrions habituellement le dimanche à la chapelle de l’école Jeanne d’Arc où se retrouvait la communauté francophone. Les Filles de la Charité nous y accueillaient fraternellement de même que les Lazaristes, responsables de la paroisse. J’y ai d’ailleurs fait la catéchèse à des enfants de couples franco-iraniens et dirigé le chant lors des messes dominicales.

Mon séjour de près de quatorze années, en ce pays que j’ai profondément aimé, m’a permis d’élargir l’espace de ma tente.

Quel enrichissement lorsque des différences deviennent ressemblance !

Noël Quesson le dit bellement :
«Même si les hommes donnent actuellement des noms différents au dieu qu’ils adorent, en fait, ‘tous les peuples, tous les pays’ sont destinés à louer et fêter le même Dieu et c’est déjà Lui, l’Unique, qu’ils honorent dans leurs cultes variés de par le monde. D’où le respect que nous devons avoir pour toutes les formes d’expression religieuse.» (Noël Quesson, 50 psaumes pour tous les jours.)

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